Reprendre la sidérurgie – Pour Dunkerque, pour les salariés, pour la souveraineté du pays

La sidérurgie n’est pas une industrie comme les autres. À Dunkerque et dans tout le nord, elle a façonné des générations, structuré la vie des quartiers, soutenu l’économie locale et porté une immense fierté collective. Le savoir-faire des ouvrières et ouvriers sidérurgistes fait partie des richesses les plus précieuses de notre pays. Il a permis pendant des décennies de produire l’acier qui a construit la France. Les ponts, les trains, les voitures, les infrastructures ont tous une histoire qui commence ici, dans nos hauts fourneaux et nos aciéries.

Aujourd’hui, cette filière vit un moment décisif. Mittal annonce des suppressions d’emplois, suspend des projets industriels pourtant financés par l’argent public, laisse vieillir les installations et oriente sa stratégie vers les États-Unis, l’Inde et le Brésil plutôt que vers la France et l’Europe. Les salariés s’inquiètent. Les syndicats alertent. Les territoires voient se profiler un avenir sombre si rien n’est fait. La sidérurgie française, héritière d’un siècle de travail, risque d’être sacrifiée au nom de la rentabilité financière.

Face à cette situation, je veux affirmer clairement une chose.

La France doit reprendre le contrôle de sa sidérurgie.

La renationalisation d’ArcelorMittal n’est pas une option. Elle est revenue indispensable.

Pour comprendre l’avenir, il faut se rappeler le passé. La nationalisation a déjà sauvé la filière

Au début des années 80, la sidérurgie est frappée par une crise mondiale. Les prix s’effondrent, les usines ferment partout en Europe, des dizaines de milliers d’emplois sont menacés. Sans intervention publique, la France aurait perdu un siècle d’histoire ouvrière et industrielle.

L’État choisit alors d’agir. Il nationalise Usinor et Sacilor. Ce choix courageux sauve la filière. Il stabilise les sites, protège les emplois et empêche l’effondrement du nord. Il permet surtout de relancer les investissements abandonnés par le secteur privé. Les hauts fourneaux sont modernisés, les procédés sont améliorés, de nouveaux aciers sont inventés.

Grâce à la nationalisation, l’acier français devient l’un des meilleurs d’Europe. Les innovations se multiplient. Usinor retrouve une place de leader mondial. Cette réussite ne doit rien au hasard. Elle montre une vérité simple. Quand l’industrie est gérée comme un bien commun, avec l’État comme garant et les salariés comme pilier, elle avance. Elle innove. Elle protège les territoires.

Ce que nous avons réussi dans les années 80, nous pouvons le réussir à nouveau.

La privatisation et l’ère Mittal ont affaibli la France et mis en danger notre savoir-faire

Le tournant libéral du début des années deux mille a cassé cette dynamique. Sous la pression des institutions européennes et des gouvernements acquis aux dogmes du marché, Usinor devient Arcelor, puis Arcelor est racheté par Mittal. Ce transfert à un acteur privé étranger prive la France de son autonomie industrielle. D’autant que Mittal n’est pas un industriel mais un financier.

Avec Mittal, les investissements se réduisent. Les promesses de modernisation ne sont pas tenues. Les projets de décarbonation financés par l’argent public sont repoussés. Les bénéfices, eux, s’envolent vers les actionnaires tandis que Dunkerque se retrouve face au risque d’une désindustrialisation brutale.

En trois ans, plus de onze milliards d’euros de dividendes ont été distribués. Pendant ce temps, les salariés voient leurs machines vieillir et leurs emplois menacés.

Ce modèle est injuste.
Il privatise les gains.
Il socialise les pertes.
Il abandonne les territoires qui ont construit la richesse du pays.
Et il fragilise la souveraineté industrielle de la France.

Renationaliser pour protéger l’emploi, le territoire et la transition écologique

Aujourd’hui, la France ne peut pas laisser une multinationale décider de l’avenir de Dunkerque. Elle ne peut pas confier sa sidérurgie, essentielle pour la transition écologique, à un groupe dont les priorités stratégiques sont situées à des milliers de kilomètres, tout comme à la bourse de Londres.

Renationaliser, c’est protéger les familles.
Renationaliser, c’est garantir que les investissements seront faits.
Renationaliser, c’est assurer que l’acier français sera produit ici, avec des procédés modernes et décarbonés.
Renationaliser, c’est reconstruire une filière souveraine, écologique et tournée vers l’avenir.

La sidérurgie est indispensable pour fabriquer les rails de nos trains, les structures de nos éoliennes, les infrastructures dont dépend notre transition énergétique. Aucun pays ne peut réussir cette transformation historique s’il abandonne la maîtrise de son acier.

La France a déjà montré qu’elle peut sauver sa sidérurgie.
Elle l’a fait dans les années 80.
Elle doit le faire à nouveau aujourd’hui.Je continuerai de porter avec détermination la nécessité d’une renationalisation d’ArcelorMittal.
Pour les ouvrières et ouvriers.
Pour le Dunkerquois et la Dunkerquoise.
Pour le nord.
Et pour l’avenir industriel de notre pays.